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BIBLIOGRAPHIE

NAGA - Portrait Hors Frontière - 10/2014 - Editions Magellan & Cie (20x25 - 80 pages)

« Quelque part entre ciel et terre, à la frontière entre l'Inde et Myanmar, le « Pays des Collines » semble n'avoir jamais existé. Longtemps interdit au tourisme, il évoque tout juste pour les quelques privilégiés à en avoir entendu parler, l'insaisissable peuple Naga, coupeurs de têtes christianisés par quelque missionnaire baptiste américain du XIXe. Le Nagaland est pourtant un des 28 états de l'Union indienne, mais son petit deux millions d'habitants, sans communauté ethnique, linguistique et culturelle avec ses puissants voisins, se laisserait facilement oublier. Le Nagaland est un artifice, une invention, un mythe, une réalité hors limite, tardivement identifié et intégré par la Pax Britannica, puis par la Pax India, qui pouvait difficilement laisser sans contrôle les périphéries de son empire. Le Nagaland regroupe donc des groupes ethniques hétérogènes, qui n'ont guère en commun que leur passé de petit agriculteur-chasseur-cueilleur-guerrier, d'être de type physique « mongoloïde », et d'appartenir à la famille linguistique tibéto-birmane. Les visages des Lothas, des Konya, des Chakhesang (….) débordent les frontières du Nagaland vers l'Assam, l'Arunachal Pradesh, Manipur et la Birmanie : les « Nagas » sont hors frontière à plus d'un titre. Et dans chacun de leurs visages, on pense saisir quelque vérité qui nous échappe sans cesse : ici un guerrier mohican, des révolutionnaires péruviens, ou quelque chamane sibérien, là une vieille chinoise, ou une délicate javanaise. La peau est brune, blanche, dorée, tatouée… ou pas, les yeux sont ronds, fendus, ou bridés. Et si le tee-shirt et le jean ont remplacé depuis longtemps les plumes, les parures en bronze, ou les tissages végétaux, si l'Anglais est la langue officielle et si le tout nouveau Nagamix essaie de faire dialoguer les cultures, chaque groupe ethnique parle encore sa propre langue, aussi différente l'une de l'autre que le Français et l'Allemand. Le Nagaland existe t-il ? Oui, il existe quelque part un peuple qui, en moins d'un siècle, s'est converti massivement au Christianisme, détruisant de lui-même l'essentiel des signes de son ancienne culture (armes, bijoux, parures, pratiques), sans que les colons, les missionnaires ou l'armée – triple alliance habituelle de l'acculturation – n'y soit réellement pour quelque chose. Il existe un peuple qui accepte la tutelle indienne comme un mal nécessaire, sans jamais cesser tout à fait d'être en conflit avec lui-même (les combats interethniques, il faut bien le dire, sont une donnée constante du Nagaland), ou avec l'Etat central (qui serait tenté de le folkloriser). Il existe un peuple qui se redécouvre et réinvente ses propres traditions pour son seul bénéfice – le touriste espéré restant rare. Un peuple qui essaie de se constituer en tant que peuple. Un peuple, enfin, qui aime le blues, le téléphone portable, les 4/4, autant que les danses tribales, l'opium, et le souvenir lointain des têtes coupées. Un peuple turbulent, vindicatif, courtois, joyeux drille, en train de s'inventer une modernité, sans vrai- ment quitter ses montagnes, et sans ignorer le reste du monde qui ne lui rend guère. Un peuple hors frontière. »

FRATERNITES - 05/2013 - Editions Magellan & Cie (32x24 - 96 pages)

Voilà plus de quarante ans qu'Yvan Travert voyage loin des routes toutes tracées.
C'est pour nous un formidable témoin de la modernité. Il a souvent regretté d'être né trop tard, dans un monde trop connu, et trop bien cartographié. Mais ces quarante dernières années ont sans doute vu plus de changements que plusieurs siècles précédents.

Ses photographies sans artifice se font l'écho de ces petits changements qui ont bouleversé nos vies. Une route goudronnée dans un espace vide, un homme qui porte un vieux bonnet de tirailleur désormais inutile, un téléphone portable qui s'accommode d'un costume traditionnel lisu (Chine), un gardien de Harem devant une case (vide ?)…
Panait Istrati aimait à dire qu'il « n'aimait pas la liberté », mais qu'« il aimait les hommes libres ».
Aurait-il aimé ce début de siècle ?
Rien n'est moins sûr, tant les espaces de liberté paraissent se réduire à peau de chagrin, entre privatisation croissante des lieux publics, et procédures de circulation de plus en plus contraignantes. Quant au nomadisme, n'en déplaise à certains, il a bel et bien un pied dans la tombe, tant son essence même est éloignée de l'économie moderne, et du cadre international. Le cosmopolitisme, enfin, semble avoir cédé le pas à une sous-culture hégémonique, homogénéisante et laminante. L'altérité ne revêt plus alors souvent que le visage folklorisé de tel ou tel peuple, à mi-chemin entre « le bon sauvage » (il serait meilleur et plus authentique que les autres), et le chaînon manquant (il serait une sorte d'oublié de l'âge de pierre). Que reste t-il de la différence ? Nous n'apprécions plus alors la différence pour ce qu'elle est, mais parce qu'elle participe à une sorte de réenchantement d'un monde désormais sans mystère. Par suite, c'est se réenchanter soi-même : de la poussière d'étoile, dans un regard aveugle. Le photographe a bien sûr la tentation de l'exotisme, tant il apprécie les formes, et les couleurs, le beau, ou l'inédit. Mais il ne peut franchir le pas d'en faire une qualité, ni même un défaut. Il n'en retient que l'étrangeté et la curiosité.

Pour Yvan, l'exotisme, c'est la caricature de l'altérité, voire le début du mépris, car autrui cesse d'être mon égal. On sent chez Yvan le chagrin d'une perte, un certain doute. Chaque peuple qui disparaît ou qui se dissout dans la culture mondialisée, lui semble autant de mondes perdus dont nous devrions porter le deuil. Mais le regard reste ouvert, attentif et ne cesse d'espérer.

LUMIERES DE L'ARMENIE CHRETIENNE - 01/2007 - textes de Raymond Kévorkian - Editions du Centre des Monuments Nationaux (29,2x23,8 - 157pages)

Pays de massifs volcaniques et de hauts plateaux aux paysages grandioses, l'Arménie a engendré une architecture religieuse puissante et raffinée qui abrita une intense vie intellectuelle. Cet ouvrage propose un double parcours qui met en regard deux des expressions dans lesquelles la civilisation arménienne s'est tout particulièrement illustrée : l'architecture et la poésie, l'une et l'autre fortement imprégnées par le christianisme. Il présente une trentaine de sites datant essentiellement du Ve siècle au XIVe siècle : Ani, Aghtamar, Etchmiadzin, Zwartnots, Géghart, Novarank, Itchévan, Tégher, Sévan, Tatev, Gandzasar... et les met en rapport sensible avec des textes de poètes ou d'historiens de cette même période : Moïse de Khorène, David de Sassoun, Grégoire de Narek, Nersès Chnorhali, Movsès Episkopos...



© Yvan Travert photographe, tous droits réservés